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L'art du fatalisme positif : reconnaître les limites, explorer les possibles
Que peut nous apprendre la pratique musicale de jeunes vivant dans des conditions d'extrême précarité sur notre capacité à agir dans un monde incertain ?
À partir de recherches ethnographiques menées à Kinshasa auprès de jeunes musiciens, Lukas Pairon propose une réflexion sur ce qu'il appelle le fatalisme positif : une manière de reconnaître lucidement les contraintes auxquelles nous sommes confrontés, sans pour autant renoncer à explorer les possibilités d'action qui demeurent.
Son enquête montre comment la pratique collective de la musique peut contribuer à développer des capacités d'improvisation, d'entraide et d'initiative, même dans des situations où les perspectives d'avenir semblent fortement limitées.
En s'appuyant sur son récent ouvrage L'art du fatalisme positif – Leçons de Kinshasa (Edern Éditions, 2026), il interrogera également certaines notions fréquemment mobilisées dans les projets sociaux, notamment celle de résilience, et examinera ce que les expériences des musiciens de Kinshasa peuvent nous apprendre sur les relations entre recherche, pratique artistique et engagement social.
Intervenant, Lukas Pairon, chercheur en sciences sociales (Université de Gand, fondateur de SIMM et de la Chaire Jonet)
Conférence-médiation animée par les étudiant-e-s du Master en ethnomusicologie
Lukas Pairon est chercheur en sciences sociales, développant des études sur le rôle que la pratique musicale peut jouer dans des contextes de précarité et d'exclusion sociale. Docteur en sciences politiques et sociales de l'Université de Gand, il a notamment mené des recherches ethnographiques auprès de jeunes musiciens à Kinshasa.
Il a auparavant cofondé et dirigé pendant vingt ans l'ensemble de musique contemporaine Ictus. En 2017, il a fondé SIMM (Social Impact of Music Making), un réseau international de chercheurs et de praticiens consacré à l'étude du rôle que la musique peut jouer dans des projets sociaux. Il est également fondateur de la Chaire Jonet de l'Université de Gand, consacrée à ce domaine de recherche. Ses travaux récents portent sur le concept de fatalisme positif, qu'il a notamment approfondi lors d'un séjour de recherche postdoctorale à l'Université d'Iéna, auprès des professeurs Hartmut Rosa et Olivier Hamant. Il a publié en 2026 L'art du fatalisme positif – Leçons de Kinshasa (Edern Éditions).